Missions civiles pour la protection du peuple palestinien

25 février

Jifna-Deir Ystia

  

Route barré à Jawal...

 

... Il nous faut quitter le taxi, et emprunter des sentiers de fortunes où parfois les soldats israéliens n'hésitent à ouvrir le feu sur les Palestiniens qui les utilisent pour rejoindre l'autre côté du barrage.

L'hypocrisie sécuritaire continue...

Deir Istiya doublement assiégé

Transfert des approvisionnements à l'entrée du village

 

Deir Istiya est un village agricole : premier producteur d'huile d'olive de la région. Un vieux village à l'architecture millénaire réhabilité par les habitants et des équipes internationales depuis 20 ans.
Sept colonies, de l'horizon embrassant tout le cercle, y versent des jours noirs plus tristes que certaines nuits (voir l'assassinat de Mohamed Abdallah Al Heik)
Le deuxième cercle : des buttes de terre qui obstruent tous les accès routiers au village. Il faut garantir la sécurité des colonisateurs…..
Seuls quelques chemins agricoles permettent au villageois de sortir.
Les Jeep 4x4 de l'armée israélienne rentrent parfois la nuit dans le village pour des opérations musclées : réveil en sursaut, grenades lacrymogènes, passage à tabac…...

Le vieux village de Der Istia (XIV-XV siécle)

 

Naissance de Fida Al Haiek

Les funérailles à Zeita de son père Mohamed Al Haiek

Le récit de sa mère à l'hôpital de Naplouse

"J'ai eu mes premières contractions à minuit. Je voulais aller à l'hôpital. Mon mari Mohamed m'a demandé de tenir jusqu'au jour. La veille, les soldats israéliens avaient tiré sur une femme enceinte. A une heure du matin, j'ai eu des contractions très violentes. Une demi-heure plus tard, nous étions sur la route, Mohamed, mon beau-père et moi. J'étais à l'arrière. Arrivés au Check-point de Hiwara, les soldats nous ont fait signe de stopper notre véhicule. Mon mari et son père sont descendus de l'auto. Durant la fouille, Mohamed a précisé aux soldats qu'il y avait une femme enceinte à bord. Ils ont voulu voir mon ventre, pour vérifier que je portais bien un bébé. Ils m'ont regardée et même touchée. Enfin, ils nous ont laissés partir.

J'ai très vite entendu des tirs en provenance du second Check-point. Une balle a touché mon mari. Je lui ai demandé de s'arrêter. Je n'avais pas vu qu'il était mort. La voiture continuait de rouler toute seule. Les soldats tiraient toujours. Ils nous ont criblés de balles. Je me suis baissée, un sac sur la tête. Ils nous ont éclairés à distance. J'avais tellement peur que je ne sentais plus la douleur des contractions. J'ai vu mon mari mourir sous mes yeux. J'ai à nouveau eu des douleurs. Il n'y avait aucun Palestinien pour me secourir. Les soldats sont arrivés. Ils m'ont braquée: "Qu'est-ce que tu caches dans ton ventre?"Je leur ai dit que j'étais enceinte. Ils me parlaient en hébreu, je ne comprenais pas: Ils m'ont demandé de leur montrer, ça ne leur suffisait pas. J'ai dû aussi retirer mes vêtements. Je ne portais plus que mes sous-vêtements. Ils m'ont obligée à me mettre nue. Ils m'ont mise dans le blindé.

Mon beau-père était encore en vie. Ils l'ont aussi dénudé. Je croyais qu'ils voulaient le secourir. Ils ont refermé la porte. Ils nous ont ramenés au premier Check-point. J'étais transie. Au bout de quarante cinq minutes, une ambulance palestinienne est arrivée. A quatre heures du matin, nous étions à l'hôpital de Naplouse. Mon état était tel que je n'ai pas senti l'accouchement."

Paroles recueillies le lendemain de la naissance de Fida ("Sacrifice") Al Haiek.

 

 

 

 

 

 

 

 
Jour précédent             Index          Jour suivant